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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 07:01

En ce weekend allongé suivant l’ascension, nous avons décidé de parcourir les routes d’Auvergne de la meilleure façon qui soit : en cabriolet. Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié nous avons choisi une MG A de 1956 comme monture.

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 La MG A est apparue en 1955 pour remplacer les roadsters MG T. Il était temps, British Motor Corporation à qui appartient MG ayant depuis quelques temps favorisé Austin (ce qui donna la magnifique Austin Healey) les modèles T étaient totalement obsolètes ! La A sera ainsi l’occasion de moderniser le style des productions de la marque d’Abington. La position de conduite sera abaissée pour autoriser un dessin plus fluide. D’un point de vue mécanique les premières A ne marqueront pas une révolution, le moteur 1500cm3 de 70ch  n’ayant rien de nouveau. Bien vite les performances seront jugées insuffisantes et des versions plus puissantes seront proposées : 1500 twin cam (double arbre à cames) puis 1600 twin cam. Au final, la MG A sera un véritable succès commercial avec plus de 100.000 exemplaires vendus !

La ligne de la MG A explique certainement en partie ce succès : racée, galbée, enveloppante elle rompt avec la ligne en coin de la vieillissante MG T. Le profil est très pur, presqu’austère : il n’y a pas de chrome et même pas de poignée de porte, il faut l’ouvrir de l’intérieur. Les faces avant et arrière sont plus joyeuses avec leurs pare-chocs, entourages de phares et calandre chromés.

L’intérieur est tout aussi simple et charmant avec un tableau de bord en tôle comportant le nécessaire : compte tour, compteur de vitesse, indicateur de température d’eau et d’huile et jauge d’essence. Un interrupteur sur la gauche actionne les clignotants (il ne faut pas oublier de l’enlever une fois le virage négocié). Les sièges sont enveloppants mais l’on remercie tout de même le tunnel central dans les virages serrés.

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 Assez parlé, il est grand temps de s’installer au volant ! Se glisser serait plus exact : le siège est au ras du sol et l’on doit tendre les jambes pour atteindre les pédales. L’ergonomie des voitures modernes est à des années lumière ! Heureusement, le siège peut être réglé en profondeur… les rétroviseurs aussi sont réglables mais il faudra sortir de la voiture pour les ajuster.

La position de conduite étant réglée, c'est-à-dire les jambes allongées et le volant près de la poitrine, il est temps de démarrer le moteur, un quatre cylindres de 1500cm3 dérivé de celui des roadsters T, on tourne la clé, la pompe à essence entre en action puis on tire le starter et la belle démarre dans un grondement caverneux. On passe la première non synchronisée (on ne peut la rentrer qu’à l’arrêt complet) et c’est parti ! Le maniement de la boite n’est pas compliqué mais nécessite un peu de doigté : les première et troisième sont loin du point mort, les seconde et quatrième, très près. Il faudra faire attention aux passages entre la seconde et la troisième et bien décomposer le mouvement sous peine d’entendre des craquements de douleurs de la boîte. Le premier ralentissement nous rappelle un deuxième point qui a bien évoluer depuis les années cinquante : le freinage ! Si la MG A est capable de décélérations très correctes malgré l’absence de freins à disque, il faudra oublier ABS ou tout autre système d’aide ; l’appui sur la pédale se passe en deux temps : un premier très court ou la pédale s’enfonce sans résistance (le temps que la pression monte dans le maitre-cylindre) puis un deuxième ou l’on freine en appuyant plus franchement, la seule assistance de freinage étant la puissance du mollet.

La direction non assistée ne pose pas de problème particulier tant qu’on ne se retrouve pas à manœuvrer dans un mouchoir de poche. Evidemment la précision n’est pas la même que dans les sportives modernes et il faudra parfois bien tenir le fin cerceau dans les virages.

Au fil des kilomètres la température du moteur réchauffera le cockpit, du moins au niveau des jambes. Pas besoin de chauffage supplémentaire d’autant que la position de conduite très basse protège relativement bien du vent, seule les épaules et la tête étant soumises aux bourrasques. Un blouson et une écharpe suffisent à nous protéger efficacement malgré les dix timides degrés de ce triste jour nuageux. Heureusement nous éviterons la pluie et l’obligation de remettre la capote ce qui aurait eu comme conséquence de rendre les odeurs d’huile chaude et d’essence peut-être un peu trop présentes.

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Notez la position des jambes, très allongées.

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Lors de sa sortie la MG A était créditée de 150 km/h en pointe et d’un chrono honorable de 16 secondes pour passer de l’arrêt à 100 km/h. Nous n’avons bien évidemment pas tenté d’approcher ces chiffres. D’autant que le caractère de l’auto se prête plus à la balade qu’au sport. D’ailleurs on se demande quelle idée les constructeurs ont eu d’inventer le diesel quand on voit le couple de camion du petit quatre cylindres. La seconde tire très court aussi les troisième et quatrième vitesses sont suffisantes pour cruiser le coude à la portière.

Alors certes, une MG A n’est pas une voiture que l’on conseillerait pour un usage quotidien. La capote, bien que facilement manipulable ne rend pas la voiture complètement étanche et les vitres latérales amovibles ne sont pas du tout pratiques. Surtout, la conduite est à des années (une bonne cinquantaine) des standards actuels et la nécessité de toujours tout anticiper nécessite une concentration de tous les instants. La MG A est plutôt destinée à la balade en vacances ou en weekend, en évitant les voies rapides qui n’ont aucun intérêt avec pareil véhicule (même si la MG se révèle tout à fait capable d’avaler les kilomètres sur autoroutes).

Au final, ce qui frappe peut-être le plus lorsqu’on conduit une ancienne, c’est le capital sympathie dont elle fait preuve. Il ne se passe pas dix minutes sans voir un pouce levé. Un automobiliste s’est même arrêté pour nous féliciter lors de la séance photo ! Voici enfin la solution pour rouler « plaisir » et ne pas s’attirer les foudres des bien-pensants écolo-écono -anti-vitesse : rouler en ancienne !

Classicarverne

La MG qui illustre cet article a été louée via Classicarverne. Advel remercie au passage Michel Treille pour son professionnalisme, sa gentillesse et surtout sa passion contagieuse !

Découvrir l’univers des cabriolets anciens est d’une facilité déconcertante grâce à Classicarverne : M. Treille se charge de vous familiariser avec la voiture via un briefing et un premier galop d’essai. Vous ne partirez pas sans avoir appris tout ce qu’il faut pour rouler sereinement.

Vous ne connaissez pas l’Auvergne ou souhaitez la découvrir au volant de votre propre voiture ? En plus des locations d’anciens cabriolets, Classicarverne propose des roadbooks très détaillés qui vous feront découvrir les plus belles routes ! Plus de renseignements sur le site web : http://www.classicarverne.com/

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Toutes les photos de l'articles : ©Advel

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commentaires

M
Bravo pour ce satisfecit de la MGA! Belle plume, bon coup de volant, merci d'avoir cédé à la passion communicante.<br /> A bientôt pour de nouvelles aventures.<br /> Michel
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