Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 05:47

Aujourd’hui, Advam est heureux de vous présenter une interview exclusive des deux créateurs de Faubourg Saint Sulpice, une marque proposant costumes et chemises en mesure industrielle. Pour avoir plus de précisions sur ce qu’est la mesure industrielle, je vous invite à consulter le premier article sur Faubourg Saint Sulpice. Je vous rappelle que vous bénéficiez de 10% de remise sur tous les costumes commandés si vous venez de la part d’Advam ! EDIT : cette offre prendra fin en avril 2012.

i1

Louis Kloeckner & Germain Lamazère, les deux fondateurs de Faubourg Saint Sulpice.

D'où vient le nom Faubourg Saint Sulpice ?

Louis Kloeckner : Nous voulions marquer l’empreinte parisienne de notre marque et l’histoire des Faubourgs reflète totalement le Paris qu’on aime.

Germain Lamazère : Le Faubourg Saint Sulpice n’existait pas avant que nous le créions. Il est une sorte de pont entre l’esprit rive droite du Faubourg le plus connu, le Faubourg Saint Honoré et l’esprit plus rive gauche de la place Saint Sulpice, c’était aussi une façon d’introduire la part d’imaginaire nécessaire à la création.

 
Qu'est-ce-qui vous a poussé à vous lancer dans cette aventure ?

LK : Nous ne sommes ni l’un ni l’autre né dans les tissus ou la confection. Nous avons imaginé Faubourg Saint Sulpice par envie d’un certain retour au vrai, à l’authentique. Créer des vêtements uniques c’est un pied de nez à notre époque, c’est offrir des objets qui ont une âme.

Nous avons mis près de 2 ans pour perfectionner nos connaissances, sélectionner les plus belles matières et trouver les meilleurs artisans.

Le choix du costume comme symbole était au départ un challenge : il s’agit de la pièce du vestiaire masculin la plus complexe tant au niveau du développement technique que de la prise de mesure, la maitriser c’était réussir le plus difficile, c’était gravir le sommet.

Vous distinguez "personnalisation" et "patronage", qu'est-ce-qui se cache derrière ces deux termes ?

GL : La personnalisation du costume porte sur la 1ere partie de la création d’un costume. Nos clients choisissent chaque élément pour constituer de A à Z leur costume : poches, col, fentes arrières de la veste, doublures, feutres de sous col, surpique intérieure et extérieure, borderie, boutonnières de couleur,…soit au total plus d’une trentaine de choix et des centaines de possibilités.

LK : Le patronage, la coupe se décompose en deux dimensions. Tout d’abord la coupe du costume, qui doit correspondre à la fois aux envies mais aussi à la morphologie de chaque client. Le plus important est que le résultat final porte le message voulu par notre client. L’autre dimension est le patronage à proprement parlé constitué principalement par la prise en compte des altérations. Le but est qu’au repos, le costume tombe parfaitement sans aucun pli disgracieux. C’est un travail très précis et qui demande beaucoup de temps (c’est pourquoi la simple prise de mesure dure au moins une heure chez nous) et à mon sens c’est cela qui fait véritablement la différence entre un costume « à vos mesures » et un costume sur mesure.

Lors de la prise de mesure, tous ces éléments sont le fruit d’un échange avec chacun de mes clients et nous créons la coupe qui le met le plus en valeur, tout en conservant le maximum de confort. C’est ce que je dis souvent à mes clients : on ne doit jamais sacrifier le confort à l’esthétique, ni l’esthétique au confort, la mesure vous permet d’avoir les deux.

i2

La boutique, 32 rue Chevert à Paris

Comment vous répartissez-vous les rôles ?

LK : Par affinité personnelle et par caractère. De mon côté j’aime la complexité technique que requiert la mesure, le travail de réflexion et d’échange continu avec notre patronnier pour pousser la mesure le plus loin possible, le challenge permanent pour réaliser la coupe et la mesure parfaite pour chacun de nos client.

GL : Je pense qu’effectivement la dimension plus créative, plus émotionnelle me correspond bien c’est pour cela que je me charge de la partie création et style avec nos clients. Il arrive souvent que nos domaines se croisent, par exemple lorsqu’avec un client nous imaginons un détail ou une création inédite, l’expertise technique de Louis permet d’apporter une lumière complémentaire.

Où sont fabriqués vos costumes et vos chemises ?

LK : Il y a plusieurs étapes dans la conception de nos costumes. Je réalise personnellement la prise de mesure, le patronage et le modélisme sont réalisés par notre artisan à Paris puis le montage des vêtements est réalisé en Europe de l’Est pour nos costumes et en France pour nos chemises.

Si un client désire un détail différent de ce que vous proposez (taille de col, tissu...) est-ce possible d'adapter la commande ? Si oui, à quel prix ?

LK : Avec la mesure nous avons les outils pour que rien ne soit jamais figé, nous disposons d’une grande marge de manœuvre dans la création de dessins et l’ajout de nouvelles options sur nos modèles. Vous n’imaginez pas le nombre de créations qui ont été à l’origine des demandes particulières de client. Notre atelier est très réactif quant aux nouvelles idées ou dessins que nous lui soumettons.

GL : Lorsqu’il s’agit de créer ou de modifier un élément de patronage (modifier la forme d’un col, d’une poche, …) nous ne faisons évidement jamais payer nos clients, même si cela constitue un travail important de patronage pour l’Atelier. Lorsqu’il s’agit de changer certains éléments ou matières  (remplacer les boutons en corozo par des boutons en corne, mettre une doublure en twill de soie, ajouter un sous col en cuir), nous essayons toujours de calibrer les demandes au plus juste, mais cela a un prix.

Quel type de clientèle avez-vous ?

LK : Nos clients viennent d’horizons très divers, beaucoup n’avaient jamais gouté au sur mesure. Ils découvrent un nouvel univers. Globalement nos clients ont la trentaine, ils sont (sur)actifs et travaillent beaucoup. Ils arrivent souvent avec une vraie lassitude du prêt à porter « haut de gamme » qui ne tient plus ses promesses. Ils fuient aussi le brouhaha frénétique des boutiques de prêt-à-porter ou de certains de nos confrères. Ce qui les surprend le plus au faubourg Saint Sulpice, c’est la sérénité que nous leur offrons.

GL : De février à Juin, nous recevons également beaucoup de futurs mariés qui saisissent l’occasion de leur mariage, pour faire réaliser un costume sur mesure pour la première fois. Ils recherchent un conseil précis, une écoute sincère. C’est pour ces clients à la fois une démarche plus complexe (comment associer chemise, cravate, chaussures et costume, comment ne pas commettre de faute de goût, quelles sont les règles d’usage, comment faire de ce costume le vêtement unique de cette belle occasion ?...) et plus intime puisque faire un choix de costume c’est dire quelque chose de soi.

Personnellement, préférez-vous un client très sûr de ce qu'il veut ou quelqu'un de plutôt indécis ?

GL : Ce n’est la même chose. Avec un client très sûr de ce qu’il veut, le dialogue est en général plus pointu, je recherche avant tout à créer une belle surprise, à surprendre par quelque chose auquel il ne s’attendait pas. Lorsque je suis avec un client indécis ou qui débute dans la création de son dressing, la part d’écoute est plus importante, je cherche par le toucher des laines, les explications de style ou technique à créer une connaissance, un intérêt, un lien émotionnel. Force est de constater que la quasi-totalité des clients qui au départ ne s’intéressaient pas plus que ça aux vêtements, acceptent de jouer le jeu avec sincérité et je crois qu’après leur passage quelque chose de minuscule a changé en eux.

i3

Une autre vue de la boutique.

Selon vous, quelles sont les principales forces de Faubourg Saint Sulpice face à vos concurrents qui proposent de la mesure industrielle ?

LK : Incontestablement la qualité des conseils et du résultat. Je prends beaucoup de temps à faire la prise de mesures car j’utilise quotidiennement plus d’une trentaine d’altérations. Je réfute même l’idée de « demi-mesure ». Quand je travaille sur le tombé de la manche pour le replacer dans l’axe du bras d’une personne, je réalise plus qu'une mesure industrielle classique, presqu'un vrai sur-mesure, sans atteindre la grande mesure évidemment.

GL : Dès le départ nous avons pris le parti d’imaginer un espace comme un appartement et non comme une boutique afin de proposer un nouveau type de relation à nos clients. Nous privatisons l’espace pour chaque client afin de pouvoir échanger en toute sérénité sur son projet. Quel que soit l’achat, vous disposez de deux conseillers dédiés : un conseiller style pour le choix de l’étoffe et les personnalisations et le tailleur pour la création de la coupe et la prise de mesures. Enfin nous avons coutume de dire que l’essayage dure 3 mois, en effet, nos clients peuvent venir à tout moment effectuer gratuitement les retouches nécessaires en fonction de l’usage de leur costume au quotidien.

En effet, nous considérerons que notre richesse ce sont nos clients et pas nos investissement marketing. Nous parions sur leur satisfaction totale pour garantir leur fidélité et leur recommandation. Nous misons sur la qualité de notre relation avec chacun plutôt que sur un volume de clients uniques.  Cela nous permet de créer des relations très fortes avec chacun de nos clients, personnelles même. Vis-à-vis d’eux, nous sommes plus dans la position d’un notaire ou d’un avocat de famille que dans celle d’un vendeur de vêtements, et ça, ça change tout.

Personnellement, quelles sont selon vous les caractéristiques qui signent un beau costume ?

LK : Pour moi, un beau costume, c’est une ligne qui est fluide, avec un cintrage pas trop accentué, quelque chose de subtil. J’aime aussi les revers de col assez fin, dans l’esprit des costumes Mad Men des années 60.

GL : En dehors du tombé et de la précision de la coupe, un beau costume c’est avant tout un costume qui sublime celui qui le possède. C’est à la fois un vêtement qui vous ressemble mais aussi qui, en quelque sorte, « vous porte vers le haut ».

Avez-vous des icônes d'élégance masculine ? Des personnes publiques que vous trouvez particulièrement bien habillées ?

GL : Comment ne pas rester bouche bée devant le charisme de Cary Grant ? La classe à l’état pur.

LK : Dans un tout autre style des personnalités aussi fortes mais plus fragiles : Gainsbourg, Bob Dylan (jeune), James Dean, Steve Mc Queen…

Vous revendiquez un service haut de gamme, comment est-ce possible avec les prix que vous pratiquez qui sont dans la fourchette basse du marché ?

LK : C’était le pari initial, le pacte fondateur de Faubourg Saint Sulpice. Si nous n’étions pas parvenus à associer qualité irréprochable, service haut de gamme et prix accessibles nous aurions renoncé.

Cette prise de position est un combat quotidien : maintenir une qualité sans faille, tenir les prix et proposer toujours de nouveaux services vraiment utiles à nos clients. Cela requiert des sacrifices importants et une organisation draconienne. En interne, chaque euro compte.

Si le pari est chaque jour renouvelé et n’est jamais gagné, l’engouement, la satisfaction et la fidélité de nos clients est une belle récompense.

Quels sont vos prochains projets?

GL : En plus des costumes et chemises sur mesure nous avons lancé cet hiver une ligne de manteaux sur mesure qui a reçu un très bel accueil. 

Notre projet depuis longtemps est de réussir avec les souliers le même pari que celui des costumes : proposer un vêtement sur mesure de qualité irréprochable à un prix très percutant, le service en plus bien sur.

En raison de nos exigences très élevées sur les matières et la façon, nous avons longtemps cherché la perle rare. Aujourd’hui nous sommes très heureux car nous avons trouvé un bottier travaillant avec les plus beaux veaux français pour réaliser une collection de souliers sur mesure à un prix très attractif… Rendez-vous à la rentrée 2012 !

Advam remercie Louis Kloeckner & Germain Lamazère pour leur disponibilité. Rendez-vous dans quelques jours pour découvrir le troisième article : le choix du costume et la prise de mesure. 

A venir, un article sur le déroulement de la prise de mesure et le choix du costume et, bien sûr, le plus important : le résultat final !

Partager cet article
Repost0

commentaires